
Le 24 juillet, le gouvernement a réuni à Angers son comité interministériel du tourisme. L'objectif affiché : porter les recettes touristiques internationales de la France à 100 milliards d'euros d'ici à 2030, contre 71 milliards aujourd'hui. Un chiffre ambitieux, quand on sait que la France accueille plus de visiteurs que n'importe quel autre pays au monde, mais ne se classe que quatrième en recettes, loin derrière les États-Unis, l'Espagne et le Royaume-Uni. Cet écart révèle un paradoxe structurel : le pays attire massivement les touristes, mais les monétise mal.
CINQ AXES, 450 MILLIONS. La feuille de route ne manque pas de mesures : repositionnement d'Atout France sous une nouvelle direction générale, 450 millions d'euros de prêts via Bpifrance pour moderniser les hébergements, déploiement du portail national d'enregistrement des meublés de tourisme d'ici mai 2026, relance d'un plan saisonniers pour la période 2026-2028, accélération de la décarbonation du secteur avec un indicateur d'empreinte carbone attendu fin 2025. L'ambition couvre un spectre large, de la simplification administrative à la transition écologique en passant par le tourisme sportif dans la perspective des JO d'hiver 2030 et le développement de l'œnotourisme, fort de ses 12 millions de visiteurs annuels.
QUESTIONS OUVERTES. Mais l'objectif de 100 milliards ne se décrète pas depuis un ministère. Il suppose que chaque territoire soit en capacité de capter et de retenir la dépense touristique. Or, sur ce point, la feuille de route laisse plusieurs questions ouvertes. La concertation sur la taxe de séjour est annoncée sans calendrier ni périmètre, alors même que ce levier fiscal conditionne directement les moyens des offices de tourisme. Les décrets d'application de la loi sur les meublés de tourisme, adoptée il y a huit mois, se font toujours attendre. Et la question du logement des saisonniers, alors que 63 000 postes restent vacants dans l'hôtellerie-restauration, n'est traitée que par la promesse d'un nouveau plan dont les contours restent à définir.
SUR LE TERRAIN. ADN Tourisme et l'Association nationale des élus des territoires touristiques (Anett) se sont immédiatement positionnés pour participer aux discussions. Leur message est clair : les collectivités locales ne veulent pas être les exécutantes d'une stratégie conçue sans elles. Certains signaux sont néanmoins encourageants. Huit collectivités pilotes ont été sélectionnées pour tester le programme national d'accessibilité touristique, vingt autres suivront en 2026. L'enjeu de cette rentrée sera de transformer ces dispositifs en projets concrets, territoire par territoire.
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