du laboratoire .. au territoire
non, le trail urbain ne réinvente pas la visite de la ville

Les trails urbains et les micro-aventures se multiplient dans les villes touristiques, avec une promesse : faire découvrir le territoire autrement. Une étude menée à Avignon montre qu'elles profitent surtout au tourisme déjà en place.

17 avril 2026 · · 3 min lecture · ·

Le trail urbain est une course à pied qui traverse les rues et les monuments, souvent de nuit, et la micro-aventure désigne une escapade nature à deux pas de chez soi. Deux chercheurs d'Avignon Université ont étudié ces offres pendant deux ans dans le Grand Avignon, en analysant leur communication, en interrogeant les organisateurs et en courant eux-mêmes ces épreuves.

PROMESSE. Ces événements se présentent comme une autre façon de découvrir un territoire : la ville « comme vous ne l'avez jamais vue », des monuments exceptionnellement ouverts, une lampe frontale qui transforme le coureur en explorateur, et l'aventure au départ de chez soi. La proximité, la nature et la découverte y sont promises, et ce sont les mots mêmes de la transition touristique.

VERDICT. La conclusion des chercheurs est nette : ces offres ne renouvellent ni les lieux ni les publics. Les parcours suivent les monuments et les circuits touristiques déjà consacrés, et les escapades conduisent aux sites les plus fréquentés de la région, mais jamais à la campagne ordinaire que les collectivités disent pourtant vouloir valoriser. Les participants viennent d'ailleurs plus que du cru, car c'est bien le touriste qui est visé. Autrement dit, ces pratiques n'allègent pas la fréquentation d'une destination : elles intensifient l'usage des lieux que tout le monde visite déjà.

DÉCISION. Pour une commune ou un office sollicités par un organisateur, l'étude fournit une grille de lecture. Ces formats coûtent peu, remplissent la nuit et le début ou la fin de saison, ouvrent des portes habituellement closes et rajeunissent l'image d'une destination : les bénéfices sont réels. Mais ils ne servent vraiment le territoire que si la collectivité pèse sur trois choix : le tracé, qui peut sortir des sites saturés ; les publics, qui peuvent d'abord être les habitants ; et la date, qui peut étaler la fréquentation au lieu de l'empiler.

Accueillir une course n'est donc pas un mauvais calcul, à condition d'en faire un projet de territoire plutôt qu'une animation de plus.

Y. Hascoët et L. Marchis-Mouren Roulet, « Innovations récréatives et transition écologico-touristique d'une destination « massifiée » », Via Tourism Review, n° 27, 2025

newsletter
gratuite
newsletter gratuite L’Hebdo Tourisme
& Territoires

Toute l’actualité du tourisme, en un seul e-mail.

Laisser un commentaire

L’Hebdo Tourisme
& Territoires
newsletter gratuite

L’essentiel du tourisme,
chaque semaine.

L’Hebdo Tourisme
& Territoires

newsletter gratuite
Je m’inscris